Vers un projet politique convivialiste.

Si vous aviez trois propositions politiques à formuler ...

Voici mes trois propositions, qui concernent respectivement l’éducation, l’environnement et la justice.

Sortir de la société de croissance, remet en cause l’ensemble du paradigme dominant et implique déjà tout un programme. Dans le contexte actuel l’urgence est de sortir de la spirale dépressive et d’assurer la recherche du plein emploi. La stupide politique d’austérité engendre un cycle déflationniste précipitant la crise que la relance purement spéculative n’empêchera pas. Les trois premières « mesures » d’urgence seraient :

L’urgence est de résister. Mais résister ne suffit pas. Des perspectives de long terme sont nécessaires et elles impliquent des ruptures ; un projet est indispensable : un projet de société, un projet d’émancipation. Même pour résister, un projet alternatif et crédible est nécessaire. Proposons de retenir trois propositions : un programme de mesures qui définissent des politiques alternatives ; une dynamique sociale portée par des mouvements sociaux et citoyens qui en constituent la base sociale et en déterminent les alliances ; l’engagement d’une bataille idéologique, de long terme et à engager tout de suite, sur les valeurs fondatrices d’une nouvelle hégémonie culturelle.

il nous faut repartir de la condition sine qua non bien formulée par Hans Jonas : la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. Donc mettre au centre de notre réflexion l’engagement immédiat dans la reconversion écologique de nos sociétés. 

Trop souvent, le débat public se porte directement sur les moyens, au détriment de la question du sens de ce que nous attendons de la vie en société. Les propositions qui suivent découlent de cette préoccupation. Plutôt que des mesures, elles formulent trois caps.

1) compte tenu du creusement général des inégalités depuis 40 ans et du chômage dû à la mondialisation, aux délocalisations, à la robotisation et à l’automatisation du travail non qualifié comme du travail qualifié, on doit prévoir une explosion du système de protection sociale mis en place depuis 1945. Il est urgent de restructurer l’ensemble de l’Etat providence autour d’un revenu européen individuel, universel, inconditionnel, cumulable de la naissance à la mort que je nomme un revenu de pollinisation.

Les aberrations, qui découlent de la récupération de l’agriculture et de l’élevage par l’agro-business, sont incompatibles avec les impératifs écologiques et avec la prise en compte du bien-être humain et animal

Un constat : 
Il  existe une marge d'incertitude sur les prédictions, par nature hypothétiques, sur l'état de nos sociétés et  de la planète d'ici un siècle. Le péril sera-t-il, dans les faits, plus massif ou plus supportable, interviendra-t-il plus vite ou plus lentement ? Nous en sommes à faire des paris. Ce qui peut laisser le temps d'accomplir la seule transformation véritable et durable qui soit : celle de nos  consciences. Nous devons donc admettre la pluralité des possibles, l’existant n’étant qu’une partie de ce qui est potentiellement réalisable, et également le fait que notre monde avance non pas vers le plus probable, vers le déploiement de l’entropie, mais vers l’enlacement de l’incertitude et du complexe

1. Mettre en place une politique puissante et cohérente d’accueil des réfugiés. L’idée est de coupler cela à une grande politique de transition. Comme il faudra sortir du pétrole d’ici quelques années (rappel : un plein d’essence équivaut à 4 ans de travail humain), nous manquerons de main d’oeuvre. Nous pourrions leur proposer de travailler à un grand retour à la Terre ici en France, pour refaire vivre les campagnes (il faudra plus de 120 millions de néoruraux en Europe d’ici 2030) et mettre en place un programme de transmission des savoirs : qu’eux nous apprennent ce qu’il savent, et nous leur apprenons la culture française (et le retour du savoir faire). Il faudrait coupler aussi cela à un programme d’envoi de français(es) dans les pays en guerre, pour se rendre compte de la réalité de terrain, et pour aider à reconstruire.

1) Une politique de limitation des besoins monétaires
Allonger la durée de vie des biens (normes techniques et réglementation), faciliter leur réparation, informer les consommateurs sur le vrai prix d’usage.

- Le plus grand problème auquel doit se confronter l’humanité, le plus grand problème non seulement d’aujourd’hui mais de toute l’histoire de l’espèce, est le réchauffement/changement climatique. Si une proposition « convivialiste » ne trouve pas un lien pour ainsi dire naturel, organique avec cet objectif fondamental, autant la consigner en queue de liste.

Parmi les questions cruciales qui se posent aujourd'hui à nous, il y a celles qui se rapportent aux moyens de la lutte contre le terrorisme, sur notre propre sol national aussi bien que sur les lieux où les démocraties occidentales, et la France en particulier, s'autorisent à intervenir militairement (Afrique sub-saharienne, Proche Orient).

La globalisation financière néo-libérale est fondée sur un système monétaire international agonistique où les marchés financiers sont censés assumer la fonction monétaire de réserve de valeur, primordiale dans le capitalisme, en « assurant » contre les risques de variations intempestives des taux d’intérêt et de changes entre devises nationales.

Depuis quarante ans, la question de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes n’a pu trouver de réponse institutionnelle adéquate. La question a commencé à se poser à la fin des années 1970 avec la croissance d’un « chômage d’insertion » témoignant de l’émergence d’une nouvelle étape de la vie sociale, transitionnelle entre le temps scolaire et le temps professionnel. L’émergence de ce nouveau temps social a un caractère historiquement paradoxal.

Le Manifeste nous donne une bonne grille de lecture de ce qui se fait, et aussi des propositions : pour chacune on peut se demander si elle respecte les principes du convivialisme, si elle répond selon ces principes, aux questions essentielles posées par le convivialisme, et comment.

Trois propositions convivialistes pour contribuer à répondre aux urgences sociales, environnementales et démocratiques.

A l’oral j’avais proposé d'avancer de manière significative sur trois chantiers et de transformer des difficultés en opportunités. Celui de la mondialisation, de la fin de la croissance et du chômage de masse.

Le divorce entre grandes entreprises et sociétés

Depuis trois décennies, la rentabilité financière promise aux actionnaires est devenue l’impératif de gestion des grandes entreprises cotées. Ainsi, au lieu d’investir, est-il devenu  courant d’utiliser une part importante des profits pour soutenir les cours de bourse par des rachats massifs de titres. Il en a découlé de graves conséquences pour l’investissement et la fiscalité notamment, qui ont érodé l’emploi, les salaires et les ressources publiques.

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