Le projet de loi de santé nous réveille d’une douce dérive de toute puissance sur la maladie et la mort : nous avons les moyens de nous soigner, voire d’échapper à la mort !

Nous étions tellement sûrs que le progrès apporterait forcément des solutions, que nous en avons oublié le bon sens et la réalité du corps humain, qui obéit à un temps qui n’est pas celui d’une machine.

Ne pas tomber malade, ne pas se rendre malade, ne pas se blesser, demande de faire attention à soi, de se respecter.

Le repos, l’alimentation adaptée, la diète ou le jeûne, les plantes, la prière ou la méditation, la parole, la présence de l’autre, sont du temps à se donner, et que la société ne nous autorise plus : il faut être productif, actif, participatif… et surtout pas rétif !

C’est pourtant ce temps dont le corps a d’abord besoin pour se respecter en tant qu’individu.

Nous étions tellement sûrs que la croissance économique serait infinie, que nous avons cru que les moyens financiers ne nous feraient jamais défaut : pourquoi perdre du temps quand nous savons soigner vite ? Les traitements sophistiqués et coûteux sont devenus la règle.

Mais la réalité est là et la fuite en avant n’est plus possible.

Un des mécanismes du néolibéralisme c'est qu'il déverse beaucoup plus d'argent sur le haut de la pyramide sociale, c'est une forme de « théorie du ruissellement » inversée.

En santé, on connait bien l'impact des déterminants sociaux de la santé depuis des décennies (1). De fait, lorsque les indicateurs macro-économiques s'écartent d'une ligne disons raisonnable vous détériorez la santé des populations et cela permet aussi d'un autre côté de dégager de nouvelles marges bénéficiaires aux laboratoires, aux chaines d'hôpitaux privés, etc… à certains experts. La perversité du système c'est que l'establishment de la santé va recevoir plus d'argent pour impulser de mauvaises politiques.

Le convivialisme ?

Nous voyons tout cela par notre petit bout de lorgnette de chirurgien-dentiste. En même temps, notre métier est intéressant car il est un carrefour entre :

- le Technique : entre hypertechnologie et chimie (matériaux et médicaments)

- le Médical : la prévention et l’éducation à la santé sont très efficaces, très rapidement (les jeunes en ayant bénéficié dès leur plus jeune âge n’ont plus de caries)

- le Financier : l’assurance maladie prend peu en charge, les complémentaires beaucoup, et il y a toujours un reste à charge pour le patient

La Clinique Sociale de Psychanalyse est un projet de l’Institut d’Etudes de la Complexité (IEC). Ayant 15 ans d’existence, la clinique est composée aujourd’hui de 32 thérapeutes, 1 stagiaire, 7 superviseurs, 3 effectifs et 4 associés. Le projet est mené de manière autogérée par les membres, visant à constituer le sens de communauté en évitant les hiérarchies et les cristallisations des fonctions administratives, tout en renforçant les espaces collectifs de discussion et décision.

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