L’urgence est de résister. Mais résister ne suffit pas. Des perspectives de long terme sont nécessaires et elles impliquent des ruptures ; un projet est indispensable : un projet de société, un projet d’émancipation. Même pour résister, un projet alternatif et crédible est nécessaire. Proposons de retenir trois propositions : un programme de mesures qui définissent des politiques alternatives ; une dynamique sociale portée par des mouvements sociaux et citoyens qui en constituent la base sociale et en déterminent les alliances ; l’engagement d’une bataille idéologique, de long terme et à engager tout de suite, sur les valeurs fondatrices d’une nouvelle hégémonie culturelle.

De manière paradoxale, le programme alternatif est assez bien défini. Ce programme comporte une série de mesures reconnues comme indispensables et mûries dans les forums sociaux mondiaux autour du contrôle de la finance. Ces mesures sont largement reconnues mais se heurtent au veto des dirigeants du capital financier et de ses affidés politiques. Ce programme propose ensuite une démarche de long terme, celle de la transition écologique, sociale, démocratique et géopolitique. Elle s’appuie sur des nouveaux concepts (le bien commun, le buen vivir, la prospérité sans croissance, la justice climatique, la relocalisation, la démocratisation radicale de la démocratie, …). Affirmer ce programme, le préciser, le partager n’est pas suffisant mais reste nécessaire. 

Et pourtant, ce programme n’apparaît pas crédible à la société dans son ensemble et même à ceux qui devraient le porter. La question essentielle est celle de la dynamique sociale capable de le préciser et de le porter. La base sociale de ce projet est composée des mouvements qui s’engagent dans une orientation stratégique, celle des droits pour tous et de l’égalité des droits. Elle regroupe les mouvements, ou dans chaque mouvement, ceux qui partagent les orientations stratégiques. Ces mouvements partagent une nouvelle culture politique, de nouvelles formes d’engagement, l’exigence d’un nouveau rapport au politique. Les questions des alliances se posent dans les différentes situations et dans les périodes. Il s’agit des alliances sociales avec les précarisés et les prolétarisés, des alliances idéologiques sur les libertés, des alliances politiques avec par exemple les néokeynésiens. Il s'agit aussi de casser l'alliance entre la haute finance et les techniciens et scientifiques qui rendent possible leur domination.

Comment se forment les évidences qui rendent possibles et nécessaires les changements.  L’émergence de nouvelles valeurs s’inscrit dans le temps long. Mais, il y a des périodes de ruptures pendant lesquels des voiles se déchirent. Cette bataille pour l’hégémonie culturelle se mène dans la culture, dans l’art, dans les médias. Elle mobilise les pratiques alternatives et le travail intellectuel. Dans le même temps, les nouvelles idées, les nouvelles valeurs sont portées par les luttes et les résistances. Dans cette bataille, la question de l’égalité et du refus des discriminations, combinée à la conquête des libertés est centrale. C'est dans ce domaine que le convivialisme peut jouer un rôle central en préparant les changement des mentalités et des comportements indispensable à la transition.

 

Gus Massiah

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