il nous faut repartir de la condition sine qua non bien formulée par Hans Jonas : la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre. Donc mettre au centre de notre réflexion l’engagement immédiat dans la reconversion écologique de nos sociétés. 

Cela suppose des changements massifs à la fois dans l’usage des indicateurs macro que nous utilisons comme guide de nos actions (il nous faut désormais garder les yeux braqués sur le ou les indicateurs qui nous donnent des indications précises et nous alertent sur les évolutions de notre patrimoine naturel et de notre cohésion sociale) et dans nos politiques, qui devraient encadrer le processus de production et de consommation dans des normes éthiques – des normes sociales et environnementales édictées et contrôlées par des instances internationales (Organisation Mondiale de l’Environnement ; OIT dotée de nouveaux pouvoirs). Nous devrons être capables de raisonner au-delà de la croissance et d’établir non seulement un système complémentaire au système de comptabilité nationale mais aussi une nouvelle comptabilité privée.

  • L’engagement dans la reconversion écologique exigera des moyens financiers colossaux permettant la reconstruction de notre système énergétique et productif. Ces financements devraient être facilités par tous moyens, y compris de la création monétaire, fléchés sur ces seuls usages et sanctuarisés. Ces politiques exigent une forte coordination, en particulier au niveau européen.
  • La question sociale et la question écologique ne peuvent pas être traitées séparément. L’engagement dans la reconversion écologique supposera de forts mouvements de main d’oeuvre qui devront être anticipés, accompagnés, totalement sécurisés au niveau européen, des Etats et des territoires. Traiter cette question sérieusement suppose un partage du travail permanent, civilisé et organisé ainsi qu’une lutte sans relâche contre les inégalités : l’instauration d’un revenu maximum et de modalités d’imposition portant tant sur le revenu que sur le patrimoine devrait y contribuer. Des coups de boutoir de plus en plus sérieux commencent à être portés à la théorie de la valeur pour l’actionnaire : il nous faut repenser le gouvernement des entreprises et dessiner une nouvelle carte des communs avec des droits d’usage différenciés.
  • Le mandat commercial alternatif européen apparaît comme une porte d’entrée très intéressante dans l’ensemble du processus.

 

Dominique Méda

 

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