Le Manifeste nous donne une bonne grille de lecture de ce qui se fait, et aussi des propositions : pour chacune on peut se demander si elle respecte les principes du convivialisme, si elle répond selon ces principes, aux questions essentielles posées par le convivialisme, et comment.

Trois propositions

1) Un plan B pour l’agriculture, à base de quotas, seule alternative à l’illimitation et aux fluctuations provoqués par la liberté des marchés, et, plus encore, par leur mondialisation. Les quotas laitiers avaient bien fonctionné, avec des normes que nos agriculteurs refusent parce qu’elles augmentent leurs coûts, mais certaines normes sont indispensables pour leur santé, pour notre alimentation saine et pour l’environnement. La multiplication des normes administratives et financières injustifiées doit certainement être refusée, et les coûts induits par toutes les normes légitimes, si elles augmentent les coûts, doivent être prises en compte pour déterminer les prix. Il faut que les agriculteurs bénéficient d’un revenu rémunérateur et au niveau de leur importance pour la vie de notre société. 

2) Il nous faut  dire quelque chose sur la question de l’immigration et des problèmes qu’elle pose. Le premier problème, crucial, est celui de la tension entre le principe de commune humanité et l’existence de frontières qui, selon la déclaration des droits de l’homme ne doit pas s’imposer comme une barrière infranchissable, tout au contraire. Si on se dit citoyen du monde, l’École doit nous apprendre quel est ce monde de diversité, diversité si peu présente dans les textes. Et nous éclairer sur le rapport entre citoyen du monde et citoyen de France. Obtenons que cette diversité se mobilise dans tous les types d’associations de solidarité sociale. Question incertaine : sur quoi peut-on fonder le maintien du statu quo des frontières existant à telle date ? Y aurait-il des arguments pour décider de trouver un moyen non guerrier de les faire évoluer ? À quoi sert le concept de communauté politique ? Comment peut-on dégager des centaines de milliards pour sauver des banques et n'avoir que des ressources ridicules pour sauver moins de quelques millions de réfugiés?

3) Suite à notre excellent colloque de Rennes  nous avons « convaincu » le président de l’université Rennes 2 qui a signé le Manifeste. Il s’en inspire pour gérer son université plutôt que de se référer au New Management Public que l’on inculque aux présidents de nos universités. Par ailleurs une de nos collègues, titulaires de la chaire Faulkner, a mis en place un observatoire de la diversité dans l’université. Cela étant présenté, ma proposition est que nous essayions de passer nos activités micro-socialesà la grille de lecture du manifeste. Pour la plupart d’entre nous, dans l’université, mais pour d’autres c’est l’entreprise.  Le Manifeste doit être combiné avec les idées de RSE présentées par François Flahault pour booster la qualité de la vie sociale dans les entreprises.

 

Marc Humbert

 

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