1) En toile de fond : le changement climatique est bien la « mère de toutes les batailles »

La liste est longue des conséquences non soutenables de la croissance économique (du moins sous sa forme actuelle), tant au plan social (creusement des inégalités, crise du lien social...) qu'écologique (déclin de la biodiversité, épuisement des ressources, accumulation des déchets, usure des sols, pollutions....). Parmi ces nombreux défis, le changement climatique occupe une place particulière pour plusieurs raisons qu'il convient de rappeler :

Les conséquences du réchauffement sont susceptibles de provoquer des catastrophes majeures dans différents domaines (sécheresses, inondations, problèmes sanitaires...), d'entraîner des bouleversements sociaux et géopolitiques de grande ampleur d'ici la fin du siècle et, à terme, de mettre en péril la survie de l'humanité.

C'est un enjeu global, qui concerne solidairement l'ensemble des humains.

Il est lié à la quasi totalité des autres problématiques écologiques (eau, déforestation, biodiversité...)

Si l'humanité se montre capable de relever ce défi, il est probable que ce sera au prix d'une transformation de notre modèle de développement qui changera la donne dans beaucoup d'autres domaines.

La lutte contre le changement climatique a d'emblée des implications politiques et sociales majeures. On voit mal comment l'effort collectif pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait ne pas être équitablement réparti. Il en résultera une exigence de partage et d'égalité bien plus radicale que ce que nous pouvons imaginer aujourd'hui.

Les émissions de gaz à effet de serre ont l'avantage de se prêter à des mesures relativement précises, ce qui ouvre la possibilité de raisonnements quantitatifs, et donc de fournir un puissant levier pour la construction d'un nouveau cadre de rationalité collective.

 

2) Les illusions de la « croissance verte »

Il est inutile d'insister sur le fait que les tendances sont très mauvaises. Les scénarios officiels de réduction des émissions de GES, quand on les regarde de près, ne font que repousser les efforts à une date toujours plus lointaine. Personne n'a de plan crédible pour atteindre l'objectif officiel de division par 4 des émissions françaises à l'horizon 2050 (le « facteur 4 »). Le fait de repousser les efforts à plus tard pour ne pas pénaliser la croissance présente est parfois justifié par des arguments qui se veulent rationnels : nous disposerons demain, grâce à cette croissance, de capitaux et de techniques qui nous rendront capables de traiter le problème climatique bien plus efficacement que nous ne pouvons le faire aujourd'hui. Or, quel que soit le développement prévisible des technologies
« vertes », rien ne permet d'anticiper une rupture spectaculaire dans les tendances actuelles d'amélioration de l'efficacité écologique de la croissance Celle-ci progresse, certes, mais beaucoup trop lentement pour nous éviter d'aller dans le mur. À titre d'illustration, l'indicateur synthétique de
« productivité des ressources » n'a augmenté que de 20% entre 1990 et 2007, et on ne voit aucune accélération). Il ne s'agit pas de sous-estimer l'importance de l'innovation, mais on ne peut faire comme si la question essentielle de la transition était de financer un nouveau Plan Marshall axé sur les technologies vertes.

 

 

Bernard Perret

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